Echo de Zouakine
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Origine de la rgion Jebala

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Origine de la rgion Jebala

   abdelhamid 9 2009 - 18:05


L'ancienne rgion du Habt comprenait les plaines du Gharb, le Khlot et une partie des pays de montagnes connus aujourd'hui sous le nom de jebala (les montagnards). Les populations berbres qui habitaient les plaines du Habt furent refoules dans les montagnes au sixime sicle de l'Hgire, lorsque le Khalife almohade EI-Manour y tablit les Arabes Hih, sous le commandement de leur chef Massoud. Dtruits presque .compltement par le Sultan mrinide Abou Thabet, en Chaoual 707 (fvrier 1808 J.-C.), les Hih furent remplacs par les Khlot, les Sofyan, les Beni Djaber et les Acem qui s'y trouvent encore. Conquis une premire fois, et convertis l'Islam par Oqba ibn Nafi vers 682 de J.-C. (63 de l'Hgire), les habitants de la rgion, connus aujourd'hui sous le nom de jebala, et qui appartenaient tous, sans doute, la grande famille berbre des Ghomara, rpudirent l'Islam la mort d'Oqba, en 683 de J.-C. (64 de l'Hgire). Il y avait certainement des indignes de cette rgion convertis au Christianisme. Les Ghomara taient en effet, au moins en partie, gouverns par le Comte Julien, Yulian mir des Ghomara, qui rsidait Ceuta, o il reprsentait encore l'autorit de Byzance, tout en entretenant des relations avec les Visigoths d'Espagne. On prtend qu'il tait lui-mme de race Goth. Yulian avait trait avec Oqba; il traita galement en 709 de J.-C. (90 de l'Hgire) avec Moussa ibn Noceir, qui le confirma dans son commandement. On sait dans quelles conditions il dirigea vers l'Espagne la deuxime invasion arabe, qu'il accompagna. Les troupes de la premire invasion musulmane en Espagne taient en trs grande majorit composes de Berbres nouvellement convertis, et en particulier de Ghomara, On peut supposer que la rgion du Rabi (la descente) a pris ce nom cette poque, parce que c'tait le chemin par lequel les tribus berbres descendaient vers la mer pour aller en Andalousie. C'est galement, sans doute, de cette poque que date, dans cette mme rgion, le mlange de tribus berbres que l'on remarque aujourd'hui, alors qu'elle tait dans l'origine peuple uniquement de Ghomara.D'aprs Lon, les jebala appartiennent la grande famille berbre mamoudienne des Ghomara; d'autre part, certaines des tribus de cette rgion se prtendent d'ori­gine anhadjienne. Dj au huitime sicle de l'Hgire (quatorzime sicle de J.-C.), Ibn Khaldoun crivait que dans la partie du Maghreb qui spare la chane de l'Atlas de celle du Rif, pays qui horde la mditerrane, et qui est habite par les Ghomara, on trouve quelques tribus anhadjiennes ta­blies sur les collines, dans les valles et dans les plaines ... Elles se tiennent dans le voisinage des montagnes occupes par les Ghomara, et de nos jours elles se servent gnralement de la langue arabe, il faut observer ce propos que toutes les tribus du Nord Marocain se divisent elles-mmes en tribus ghomariennes et tribus anhadjiennes, Cette division est souvent arbitraire, surtout lorsqu'il s'agit des tribus des plaines qui sont arabes, et ne peuvent par consquent pas avoir une origine berbre. L'arbitraire de cette classification se manifeste galement pour la tribu des Mamouda, qui est range au nombre des tribus ghomariennes, alors que les Ghomara sont eux-mmes une branche des Mamouda : Cette tribu mamoudienne a pour anctre Ghomar, fils de Masmoud, ou, selon une autre tradition, Ghomar, fils de Mestaf ou (Mesettaf), fils de Mell, fils de Masmoud. Voici la classification actuelle de quelques tribus du Nord du Maroc en tribus anhadjiennes et tribus ghoma­riennes:

Tribus anhadjiennes : Rhona, Beni Mestara, Beni Gorfet, Beni Mezguilda, Beni Zeroual, Akhmas, Khlot, Beni Hassan

Tribus ghomariennes: Ghzaoua, Beni Arous, Beni Ysef, Soumata, Ehl Serif, Massmouda, Sahel, Beni Zekkat, Andjera et Gharb (Sofian et Beni Malik)

Cette classification n'a vi­demment pas pour base le territoire sur lequel se trouvent ces diffrentes tribus, puisque ce territoire est Ghomari, d'aprs Ibn Khaldoun et Lon l'Africain, et les tribus anhadjiennes qui s'y trouvent aujourd'hui viennent cer­tainement du Sud. Une sorte de classification a d se faire galement lors des nombreuses luttes intestines qui ont divis le Nord du Maroc, et les tribus, sans distinction d'origine, ont t considres comme anhadjiennes ou ghomariennes selon qu'elles suivaient l'alam anhadji ou l'alam ghomari. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore les petites tribus des mon­tagnes, incapables de se dfendre elles-mmes et de con­server leur indpendance, vivent sous la protection et sous la domination d'une grande tribu voisine laquelle elles payent tribut. Deux grandes tribus se disputent sou­vent par les armes la supriorit sur une de ces petites tribus et la petite tribu en litige devient successivement anhadjienne ou ghomarienne selon I'alam de la grande tribu dont elle devient vassale. C'est ce que l'on appelle couramment le of Ghomari et le of Çanhadji. Non seulement les auteurs arabes ne sont pas toujours daccord sur l'origine d'une tribu, mais il arrive que le mme auteur considre la mme tribu tantt comme­ anhadjienne, tantt comme ghomarienne. C'est ainsi qu'Ibn Khaldoun indique les Beni Zeroual, qui habitent le Djebel Cerif, comme des­ Canhadja, et, les compte au nombre des familles appartenant aux Ghomara. Quelle que soit l'origine de ces dnominations, il en rsulte ce fait curieux, c'est que la rgion appellent le pays des Ghomara et que cependant, sur huit tribus, nous en trouvons deux qui sont considres aujourd'hui comme anhadjiennes. Il n'est pas sans intrt galement de remarquer que cette classification, tout arbitraire qu'elle paraisse au point de vue ethnographique, constitue cepen­dant entre les diffrentes tribus de la mme catgorie un vritable lien. Il est rare en effet de voir deux tribus de la mme famille se battre l'une contre l'autre, et il est au contraire frquent qu'une tribu classe parmi les tribus anhadjiennes se batte avec une tribu ghomarienne; d'au­tres tribus, considres comme appartenant la mme famille, prennent fait et cause pour les tribus combat­tantes: les anhadjiennes se groupent avec les anhad­jiennes, et les ghomariennes avec les ghomariennes. Nous n'essayerons pas d'expliquer cet tat de choses qu'il est intressant de constater comme un fait. Les tribus des jebala, ne sont d'ailleurs certainement pas composes d'une race pure, et il serait impossible de retrouver les lments nombreux qui les forment. Ces lments divers, fondus par les habi­tudes et les besoins d'une existence semblable, ayant les mmes difficults vaincre, les mmes moyens d'action et, depuis douze sicles, la mme religion, ont fini par former une mme race dont, quelques nuances prs, les particularits sont les mmes. Lhabitat, les coutumes, la langue, la manire de vivre, la mentalit des diffrentes tribus des jebala sont sem­blables. Comme tous les montagnards, dont le pays par sa conformation mme est d'un accs difficile, ils sont ind­pendants jusqu' tre farouches; orgueilleux, fanfarons, trs braves chez eux, ils sont mdiocres combattants en dehors de leur tribu, dont ils connaissent bien tous les dtours et toutes les embuscades. Ce qui est remarquable chez le jibli, c'est sa terreur profonde de la cavalerie, RI-Hanhan, comme il l'appelle par onomatope. C'est un fait reconnu qu'un millier de jebala se dban­dent et se sauvent s'ils sont surpris en plaine par cent cavaliers. Les gens des montagnes eux-mmes n'ont pas de cava­lerie, et les quelques jebala, voisins des plaines, qui veulent monter cheval, sont la rise des Arabes. Il serait difficile de savoir exactement quelle langue parlaient les habitants de ces tribus avant l'invasion arabe. La langue des Ghomara a d subir des influences latines et grecques, aprs avoir subi des influences puniques. L'influence latine se retrouve par l'emploi chez les jebala du mot ramifia pour dsigner l'ensemble d'une famille; on dit familia kebira pour dire, non pas une grande famille, mais une famille nombreuse en y comprenant les ascendants, les descendants et les collatraux. Si ce mot n'tait usit que dans les tribus voisines de Tanger, on pourrait penser une influence espagnole, mais on le retrouve jusque chez les Akhmas et les Ghzaoua, o l'influence de l'espagnol n'existe pas. Les Ghomara, qui ont t les premiers en contact avec les conqurants arabes, ont t certainement les premiers parler leur langue. Les Çanhadja tablis ensuite en territoire ghomari ou dans son voisinage, parlaient galement arabe au huitime sicle de l'Hgire (quatorzime sicle J.-C.), l'poque d'Ibn Khaldoun. Dj arabiss en partie par leur contact avec les Arabes d'Oqba ibn Nafi et de Mousa ibn Noceir, les Djebala l'ont t plus compltement par l'tablissement chez eux, au quatrime sicle de l'Hgire, des Chorfa Idrissites fuyant Fs devant Mousa ibn el-Afiya el-Miknasi. L'occupation d'une partie du territoire du Habt par les Hih au sixime sicle et par les Khlot, les Sofyan, les Beni Djaber et les Acem au huitime sicle de l'Hgire, et le contact frquent des Djebala avec ces Arabes, leur ont fait perdre compltement l'usage de la langue berbre, et depuis plusieurs sicles, la seule langue qu'ils emploient est l'arabe, avec un accent particulier et l'usage de mots berbres ou de mots arabes berbriss.

Daprs les archives Marocaines par E. Michaux-Bllaire

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abdelhamid
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: 4740
: 59
Localisation : SUD
: 01/03/2007

    

      


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